Logan, AMHA


Logan, aka Wolverine, a toujours fait partie et fait toujours partie de mes héros préférés et vénérés, d’autant plus, étrangement, en prenant moi-même de l’âge. C’est cette ambivalence qui le caractérise, capable du meilleur comme du pire, avec des valeurs bien tranchées sur le bien et le mal, tout en aimant naviguer dans les nuances grises qui séparent le blanc et le noir,  qui a toujours trouvée résonance chez moi. Cette abnégation récurrente, l’absence de pitié et de pardon pour la lie de notre société faisait que minot, c’est à cet adulte que je souhaitais ressembler. Pendant que mes collègues en école primaire se prenaient pour Superman, Spider-Man, je rêvais d’être trapu, poilu, griffu, rageur et « presque »  immortel !

Wolverine Comics

Wolverine Comics

Il aura fallu attendre l’année 2000, pas loin de mes 30 ans, pour enfin découvrir mon héros en chair et en adamantium sur un écran de cinéma. Bryan Singer nous gratifiât de deux superbes films, X-Men et X-Men II, films qui sont toujours, à mon avis, un exemple d’adaptation cinématographique de comics (inutile de se faire du mal, en débâtant de X-Men Apocalypse, Suicide Squad ou Les 4 Fantastiques !!).

Malgré tout, je sentais que mon héros était bien « tenu en laisse », un beau collier étrangleur qui l’empêchait de s’exprimer pleinement, de se libérer complètement, il restait au pied de la sacro-sainte classification d’âge cinématographique (madame « tout public »). Il y eu au total, huit (je crois) films avec Wolverine dans un rôle plus ou moins important. Hugh Jackman, j’oubliais de peu, acteur formidable qui a su donner vie et rendre crédible ce personnage haut en couleurs aux yeux du monde, a toujours été au top. Il a su se forger physiquement à chaque épisode, pour se rapprocher de plus en plus du héro musculeux et dévastateur, Wolverine !


Mais, oui il y avait un mais, je n’étais pas totalement comblé par le traitement « artistique » de la « bête », jusqu’à ce que je croise, au détour d’une errance 2.0, la première bande annonce de Logan (celle avec « Hurt » de Johnny Cash en bande sonore), affublée cette fois-ci du bandeau rouge « Red Band Trailer ».  Le coup de foudre, la révélation, le frisson, elle était là, la (probable) meilleure adaptation de Wolverine.

J’ai attendu, ardemment,  le 01 mars 2017 à 19h10, assis aux premières loges, le film commence. Deux heures et 15 minutes plus tard, je suis comblé. Cette dernière adaptation, Logan, est LE chant du cygne de Wolverine. Ce n’est pas qu’à mes yeux le meilleur épisode pour Wolverine, c’est aussi et surement la meilleure adaptation cinématographique de comics, c’est tout bonnement un excellent film.


Un western futuriste, crépusculaire, apocalyptique, d’une beauté qui n’a d’égal que sa noirceur et son intense violence ! Les échanges entre Logan  et le Professeur Xavier sont intimes, d’une nostalgie douloureuse, comme le ferait un père vieillissant et malade à son fils dévoué et triste.
Ça se passe en 2029, à la frontière Mexicanos-Américaine, une société qui à éradiqué la quasi-totalité de la population mutante, la seule famille que Logan n’ai jamais eu. Xavier est nonagénaire, sénile et limite dément, constamment sous camisole chimique. Il est sous la « tutelle » de Logan qui essaye, tant bien que mal, de préserver leur existence et la santé de son mentor, en travaillant comme chauffeur de limousine pour jeunes mariés alcoolisés ou hommes d’affaires pressés !Logan, n’est plus que l’ombre de lui-même, le fier guerrier immortel tient plus de la loque que de l’icône. Il ne cicatrise plus aussi bien, son corps est couvert des stigmates de ses précédents combats, il s’évade dans l’alcool et la drogue, n’attends plus qu’une chose, la fin… Leur destin, voué au fossé, à l’écueil, se trouve totalement chamboulé avec l’arrivée de X-23, une jeune et nouvelle mutante, pourchassée par les fossoyeurs  et les bourreaux  de son espèce…

Je comprends, maintenant, le choix de Johnny Cash par James Mangold (le réalisateur) pour la bande annonce. Logan est en bout de course, en fin de vie avec comme seuls bagages des remords, des regrets et des rendez-vous manqués. C’est un film que je n’attendais plus, inespéré.  Il est beau, tendre, émouvant brutal, noir, pessimiste,  vivant et surtout adulte en quelque sorte. C’est un magnifique hommage, au personnage et globalement aux films de Super-Héros. Un profond respect du « matériel » d’origine et du spectateur. Arrêtons d’inviter Freddy Krueger aux « Club des cinq » uniquement pour faire des entrées. Des griffes comme les siennes, ça coupe, ça saigne, ça tranche, ça tue !  Son éventuel succès garantirait, je l’espère, d’autres films dans ce genre et faire comprendre au « Studio » que le tout public n’est pas une fin en soi et que le formatage linéaire de l’art et de la culture est à bannir !

À voir, bien sûr, absolument 🙂

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