Bohemian Rhapsody, AMHA


 

La première envie qu’il me soit venu, après avoir assisté à la projection du film Bohemian Rhapsody, c’est d’écrire et de regarder à nouveau cette participation de Queen durant le Live Aid de 1985. En effet cet épisode est un des points d’orgue de cette formidable épopée lyrique qu’a été ce trop court passage de Freddie Mercury et de ses acolytes dans mon passé culturel et Rock ! Je crois que j’avais oublié combien il est bon d’écouter une prestation de cette qualité et combien, peut-être, l’humeur de cette époque titille ma fibre nostalgique.

Freddie Mercury est mort à 45 ans, j’en ai 47 à ce jour et ça provoque en moi une impression bizarre. En 1991, à l’annonce de sa mort, c’était la seconde fois que je perdais une de mes idoles. En l’espace de quelques mois, Freddie emboîtait le pas à Serge Gainsbourg. L’année de mes 20 ans, mes deux plus grandes inspirations de folie, d’irrévérence, d’impertinence et de talents disparaissaient…. Pour un jeune garçon trop sage comme moi, ce fût un choc, une tristesse même ! Je m’étais consolé en me disant du haut de ma vingtaine qu’à 45 ans, il avait bien vécu. Maintenant que j’en ai 47, avec cette certitude qu’il a encore beaucoup à faire et que 40 ans de plus ne sera pas du luxe, à l’annonce de sa maladie, de sa fin proche, un sentiment de profonde injustice a du s’emparer de lui…

Pour revenir au film, mais je trouvais qu’il était important de replacer mon sentiment dans son contexte car je pense que tout un chacun a de bonnes raisons d’encenser ou de rejeter un film, abordons tout d’abord certains objections ! Alors oui, il y a de sacrés trous dans la frise chronologique. Manquent à l’appel, de 0 à 20 ans, ses études de musiques, ses précédents groupes, son amour immodéré pour l’Opéra, quelques rencontres (avec David Bowie ou Montserrat Caballe par exemple)… Des erreurs aussi, Freddie Mercury n’a pas été le seul et ni le premier à enregistrer un album solo, Queen ne s’est jamais séparé/reformé pour le Live Aid de 85, Jim Hutton son dernier amour n’était pas serveur mais coiffeur… Tout ceci n’est point exhaustif, c’est d’après mes souvenirs ! Certains ont trouvé cela trop lisse aussi, trop convenu, trop « gentil », le terme qui revient souvent est « hagiographie », rien que ça !! Pas assez de cul, de violence, de drame ou de sordide…
A vrai dire je me fous, sur plein écran, de le voir sniffer, forniquer, picoler, jouer à la « queue leu leu », personne n’en doutais et d’ailleurs tous ces sujets sont abordés dans le film avec un profond respect. Il vivait comme il l’entendait, et c’est très bien. Pour moi, « Bohemian Rhapsody », est une célébration, un hommage vibrant, plutôt qu’un classique « biopic » envers un artiste fabuleux, une icône du Rock…

Dès les premières secondes, les premières notes, un frisson m’a parcouru l’échine, mes yeux sont demeurés humides et brillants jusqu’à la fin du générique. L’interprétation de Rami Malek est prodigieuse, juste et fidèle, on en arrive à oublier l’acteur, il disparaît sous le personnage. Sans oublier les autres membres du groupe à qui le film rend aussi hommage et où l’on comprend bien que seul, Freddie Mercury ne serait surement pas devenu cette légende. Ce personnage, Freddie, dont la vie a souvent été jalonnée par le manque, la solitude, la détresse, la tristesse abyssale, était capable du plus grand génie lorsqu’il créait, entouré par ses amis, sa famille. Queen a innové, inventé, bousculé, révolutionné tout au long de sa carrière, la musique et le Rock. Deux heures et 15 minutes passionnantes, enivrantes, et malgré tout un hymne à la joie, à la vie…

Les 25 dernières minutes sont incroyables, époustouflantes, Rami Malek est sur scène et c’est l’incendie. Si on s’amuse à comparer les images d’archives et cette « reconstitution », c’est du grand art. Le moindre détail est là, des verres de soda et de bières sur le piano aux tenus du groupe en passant par la chorégraphie et gestuelle de tout le groupe. A couper le souffle!

Je suis sortie de la salle, triste… mais heureux ! Triste par cette fin soudaine et injuste. Par cette époque révolue emplie d’espoir, de fougue et d’inconscience (et de bonnes musiques 😉 ). Mais heureux car j’ai pris un pied pas possible, j’ai vibré, chantonné, battu la rythmique, je suis retourné 25 ans en arrière, mon cœur avait retrouvé ses 20 ans…
Et surtout, j’ai 47 ans, deux de plus que Freddie….. Bientôt trois, et j’espère beaucoup de belles années à vivre, à aimer….

Stéphane

Bande annonce:

 

Live Aid 1985:

 

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